Projet de réhabilitation et remise en exploitation du CINERAMA EMPIRE
installé depuis 1967 à la rue de Carouge à Genève

1. Rappel historique
2. Des architectes genevois mandatés pour la réalisation
     d'un cinéma novateur
3. Projet de réhabilitation (pour voir la video de Pier Blatner, cliquer ici)
4. Concept de programmation
5. Au sujet des relations avec le propriétaire immobilier
6. Sources publiées

Rappel historique

Les parcelles 930 et 2390, feuille 46 de Plainpalais sont occupées par une exploitation cinématographique ininterrompue depuis 1923 : la salle de cinéma inaugurée le 2 février 1923 sous le nom de COLIBRI a été agrandie et rebaptisée PELICAN lors de sa réouverture en date du 25 janvier 1950.

Une vaste opération immobilière a été initiée entre 1961 et 1964 prévoyant la démolition au ras du sol des constructions existantes et l'installation d'un vaste cinéma semi-enterré dans l'arrière-cour. Les travaux se sont déroulés en deux phases de manière à permettre l'exploitation du PELICAN le plus longtemps possible et qui ferma effectivement le 26 mai 1965.
Deux projets émanant d'architectes reconnus ont été présentés pour l'édification d'un CINERAMA, soit une salle spécialement adaptée pour la projection des films sur écran large : le premier prévoyait une salle en forte pente et le second un cinéma avec une galerie. C'est donc ce second projet signé par les architectes Lucien Archinard et Jean Zuber (concepteurs des Tours et du Théâtre de Carouge) qui a été réalisé et le nouveau CINERAMA EMPIRE a ouvert au public le 18 août 1967 avec un programme tout à fait novateur : «RUSSIE 70, DE L'OURAL AU KAMTCHAKA» un documentaire spectaculaire produit par la société américaine CINERAMA précédé, en exclusivité, par le court-métrage «SWITZERLAND» réalisé en format panoramique pour le pavillon suisse de l'exposition universelle à Montréal.
Il s'agissait donc à l'époque du cinéma le plus moderne de la ville et ses équipements à la pointe de la technologie ont permis à de nombreux Genevois de (re)découvrir des grandes productions, le plus souvent en 70 mm et en version originale sous-titrée, avant que les premiers films érotiques au succès phénoménal (70'000 entrées en 27 semaines consécutives pour le «MIRACLE DE L'AMOUR» présenté par un sexologue germanophone) ne supplantent durablement les programmes familiaux de l'EMPIRE à partir du milieu des années 1970 (dernier programme mixte le 5 janvier 1974 : le dessin animé «LUCKY LUKE» en matinée pour les jeunes puis un film osé «JEUNES FILLES AUX AMOURS FRENETIQUES»).

De 1982 à 1996, le cinéma de la rue de Carouge ne projetait que des films à caractère pornographique et la renommée de cette salle unique par sa technique est progressivement tombée dans l'oubli le plus total. L'un des concepteurs du projet s'est intéressé dès la fin des années 1980 à la réhabilitation de ce cinéma mais s'est heurté à des réalités économiques : le porno fonctionnait très bien avec ses 85'000 visiteurs annuels, les propriétaires et le gérant n'avaient donc aucun intérêt à se lancer dans une nouvelle aventure et la mauvaise réputation des lieux n'était guère favorable à un changement d'activité. Néanmoins, le déclin inexorable de la fréquentation et la nécessité de faire des travaux dans une salle qui n'avait plus été entretenue par ses propriétaires depuis vingt-cinq ans a donné une nouvelle impulsion au gérant qui s'est lancé dans un projet de remise en état, malheureusement combattu par les autres cinémas de la place qui voyaient d'un très mauvais œil toute nouvelle concurrence.
Privé de films porteurs, le gérant s'est trouvé dans l'obligation de conclure un pacte de programmation avec une entreprise dominante en Romandie qui n'a jamais déployé les efforts nécessaires pour promouvoir la salle et finalement une petite chaîne locale de cinémas à tarif réduit l'a récupéré sans avoir les moyens de prévoir sa numérisation ce qui a conduit à sa fermeture au début de l'été 2011.

Depuis, proCITEL SA, exploitant du Ciné 17 à la Corraterie (1,35% du nombre de fauteuils sur Genève et environs mais jusqu'à 8% de la recette totale des cinémas genevois les meilleures semaines !) a exprimé son intérêt à réhabiliter le CINERAMA EMPIRE avec le concours des Autorités municipales, de la direction des Cinémas du Grütli, du Festival Tous Ecrans (27'000 spectateurs en 2013), de plusieurs fondations, groupements, associations et personnes intéressées par la pérennité de cet équipement culturel de première qualité mais occulté au public depuis de trop nombreuses années.

Photographie Serge Macia ©2015
Dans le cadre d’un projet décoratif ambitieux, la salle de cinéma et ses dépendances (hall d’entrée, foyer au sous-sol, sanitaires) seront tout d’abord assainis puis isolés pour être rénovés dans l’esprit du temps de la construction de la fin des années 1960 ; les revêtements muraux en tissu tendu seront mis en valeur au moyen de l’installation originale d’éclairage indirect qui sera restaurée et les sols seront pourvus de tapis aux motifs spécialement recréés.
   

Des architectes genevois mandatés pour la réalisation d'un cinéma novateur

René Parodi (*1914), architecte SIA, artiste-peintre.
En collaboration avec Honegger Frères, il signe la Tour Constellation et le bloc Grande Ourse à Saint-Sean entre 1953 et 1958; il est également l'auteur d'un premier projet pour le CINERAMA EMPIRE qui n'a finalement pas été retenu.

Lucien Archinard (1903-1981)
Diplômé de l'Ecole des Beaux-Arts de Genève, section architecture, il travaille dans les années trente à Paris et participe, entre autres, à l'Exposition Universelle de 1937. De 1938 à 1960, il est associé à Albert Deberti avec lequel il édifie notamment un immeuble d'habitation aux Eaux-Vives pour la SI de l'ancienne mairie en 1956. Pendant les années soixante, il participe au projet des tours de Carouge. De 1963 à 1980, il travaille en association avec Jean Zuber. Parmi les réalisations du bureau, citons la Maison de retraite du Petit-Saconnex. Il est membre de la Commission des monuments et des sites de 1958 à 1965.

Jean Zuber (*1926)
Il étudie le génie civil à l'EPUL (1946-1948), puis l'architecture a l'EAUG (1948-1954). Il travaille au Service immobilier de la Ville de Genève et au sein du bureau Deberti & Archinard où il participe à la construction de l'immeuble de logements (1954-1955) et école de Roches (1957-1958) à Malagnou. Dès 1963, il est associé à Lucien Archinard, avec lequel il construit la Maison de retraite du Petit-Saconnex, la Salle communale et théâtre de Carouge (1970 à 1972) avec le bureau ACAU associé à Lucien Archinard et Jean-Jacques Mégevand. Parmi ses autres réalisations, citons encore le bâtiment du centre d'apprentissage (CEPIA) à Lancy-Onex (1970-1973), avec notamment André Biot. Il est membre de la Commission des monuments, de la nature et des sites de 1968 à 1981 et député au Grand Conseil de Genève de 1965 à 1981.

Bureau ACAU
L'Atelier Coopératif d'Architecture et d'Urbanisme (ACAU) est une société coopérative créée en 1962. Elle compte six architectes-urbanistes, administrateurs et directeurs de projets, ainsi que des sociétaires (architectes, techniciens, surveillants de travaux, secrétaire) ou des non-sociétaires (collaborateurs techniques et administratifs). ACAU travaille dans les domaines de l'aménagement du territoire, de l'urbanisme et de l'architecture, en Suisse et à l'étranger. Au moment du projet et de la réalisation du théâtre et de la salle des fêtes de Carouge, les architectes-administrateurs de ACAU étaient Manuel Baud-Bovy (né en 1935, diplômé EAUG), Jean-Pierre Dellenbach (*1935, EAUG), Roger Gaulis (*1930, EAUG), Jean Iten (*1929, EAUG), Nadine Iten (*1931, EAUG) et Michel Rey (*1934, EAUG).

 

Projet de réhabilitation

Les études menées sur la connaissance du bâti et son exploitation comme cinéma prévoient :

Une remise en état de la salle de cinéma dans ses formes originales (25 m de profondeur, 14 m de largeur, 9 m de hauteur) comprenant la mise en valeur des éléments patrimoniaux remarqués par les experts du patrimoine : soit, le plafond suspendu constitué de lames de bois massif de diverses largeurs et épaisseurs, l'arrondi caractéristique de l'écran CINERAMA, l'éclairage indirect et son ingénieux système de poulies, les enduits en crépi rustique typiques de la fin des années 1960 et le grand escalier en marbre noir conduisant au parterre aménagé sous le niveau de la rue.

L'installation d'un système de projection numérique haute définition dans la cabine d'origine respectant le faisceau original considéré comme optimal tant au niveau de la pente que de la distance ainsi que la mise en place d'une billetterie numérique aux normes comptables édictées par la profession.

Un bar et une buvette sous licence d'un diplômé de l’Ecole hôtelière de Genève sera aménagé dans le hall d'entrée avec une décoration respectueuse de l'espace constituée par un jeux de miroirs.

L'entrée principale devra retrouver son aspect largement vitré et ouvert sur la rue qui a disparu suite à des travaux non autorisés ayant abouti à l'occultation progressive de l'accès au cinéma.

Sur le mode de ce qui a été réalisé pour le Ciné 17, une entreprise genevoise de référence sera mandatée pour recréer à l'identique les néons d'époque et pour créer une enseigne à partir du logotype de 1967.

Dans le cadre d’un projet décoratif ambitieux, la salle de cinéma et ses dépendances (hall d’entrée, foyer au sous-sol, sanitaires) seront tout d’abord assainis puis isolés pour être rénovés dans l’esprit du temps de la construction de la fin des années 1960 ; les revêtements muraux en tissu tendu seront mis en valeur au moyen de l’installation originale d’éclairage indirect qui sera restaurée et les sols seront pourvus de tapis aux motifs spécialement recréés.

Un podium sera aménagé au milieu du vaste espace séparant le premier rang de l'écran afin de permettre de s'adresser à l'auditoire dans les meilleures conditions au moyen d'une installation de micros sans fil.

Le système de ventilation sera assaini et remis en service alors que le tableau électrique sera remplacé pour répondre aux besoins d'un cinéma numérique moderne avec le souci d'économiser les ressources énergétiques.

Toutes les circulations existantes seront conservées en l'état mais seront pourvues de portes aux normes en vigueur tant pour la sécurité que le confort sonore.

Les bureaux borgnes aménagés au sous-sol ces dernières années seront éliminés afin d'offrir au public des espaces d'attente spacieux et confortables comme à l'origine.

Les communs situés au niveau de la rue seront assainis.

L'accès à la galerie desservi par quelques larges marches sera pourvu d'un élévateur pour chaises roulantes permettant ainsi une accessibilité complète du cinéma et des communs aux personnes à mobilité réduite.

Une boucle magnétique sera installée pour les personnes malentendantes.

La publicité du cinéma sera assurée au moyen d'affiches dans des vitrines éclairées par des LED ainsi que par des diapositives diffusées sur l'écran.

Le programme hebdomadaire sera également diffusé sur l'écran du Ciné 17 et les affiches disposées dans ses vitrines situées sur la Corraterie ainsi que dans les vitrines de l'ancien cinéma CENTRAL à la rue de Chantepoulet tant que le site ne sera pas réaffecté à un autre usage.

Des projections spéciales et des évènements seront mis en place avec les Cinémas du Grütli.

A lire / à écouter sur le sujet :
Article paru sur le site officiel de la Ville de Genève > Réhabilitation du «Cinérama Empire» à la rue de Carouge
Emission RTS du 27 janvier 2015: Le Cinérama Empire va rouvrir ses portes


Photographie Serge Macia ©2015
Parmi les éléments dignes d'intérêt remarqués par les experts du patrimoine, à noter le plafond suspendu constitué de lames de bois massif de diverses largeurs et épaisseurs, l'arrondi caractéristique de l'écran CINERAMA, l'éclairage indirect et son ingénieux système de poulies, et principalement le vaste espace de la salle dégagé habilement dans une arrière-cour d'un immeuble locatif situé en plein centre.

Concept de programmation

Le cinéma sera ouvert 365 jours par an pour des projections en haute définition de films de qualité en version originale chaque soir (2 séances journalières, la première en début de soirée à la fermeture des commerces puis la seconde aux alentours de 21h).
Des séances nocturnes dévolues à des films de genre ou plus pointus seront organisées chaque vendredi et samedi.
Trois séances l'après-midi
seront également proposées chaque samedi et dimanche.

En partenariat avec diverses organisations de la scène culturelle genevoise, il sera mis en place plusieurs types d'activités :
Des matinées pour les enfants seront organisées chaque mercredi après-midi en collaboration avec un partenaire spécialisé.
Le Festival Tous Ecrans organisera une programmation de films et de séries télévisées dans le cadre de rendez-vous mensuels.
La Cinémathèque suisse et les Cinémas du Grütli présenteront des projections exceptionnelles de films restaurés sur le mode de l'accord public-privé mis sur pied avec le CAPITOLE à Lausanne.
Plusieurs sociétés de production locales et de distribution de films actives en Suisse organiseront des avant-premières sur invitation ainsi que certaines ouvertes au public.
Lors des festivals organisés à Genève, l'activité commerciale du cinéma laissera la place à des séances spéciales organisées dès le matin et jusque tard dans la nuit.

L'idée phare est de constituer un véritable axe de culture le long de la ligne du tram 12 depuis la Corraterie jusqu'à la place des Augustins englobant le Ciné 17, les Cinémas du Grütli et le CINERAMA EMPIRE en les reliant avec l'ancien cinéma LE PARIS et, pour l'aspect festif, avec la villa Freundler et son jardin, le Casino-Théâtre, la Maison communale de Plainpalais avec son théâtre et sa grande salle des fêtes.

Pour les séances commerciales (nouveautés et prolongations des films programmés au Ciné 17), un tarif raisonnable de CHF 15.- sera appliqué pour tous à toutes les séances (CHF 12.50 pour les bénéficiaires d’une réduction et même CHF 10.00 pour les détenteurs d’une carte nominative en vigueur Ciné Pass).
Pour les séances organisées en partenariat, la billetterie du partenaire sera prise en compte dans le logiciel de comptabilité générale.

 

Au sujet des relations avec le propriétaire immobilier

Il est tout d'abord précisé que les différentes sociétés immobilières qui se sont succédées comme propriétaires des immeubles édifiés entre 1964 et 1967 sur les deux parcelles contiguës occupées sans interruption par un cinéma depuis 1923 n'ont jamais exprimé un intérêt particulier au développement de l'exploitation cinématographique.
Une fois l'autorisation de démolition-reconstruction du PELICAN obtenue sous réserve de l'installation d'un cinéma d'environ 500 places dans l'arrière-cour loué pour une vingtaine d'années entièrement équipé (soit fauteuils, tentures, écran, cabine de projection avec appareils, hall d'entrée avec vestiaires, etc.) les propriétaires s'en sont même complètement désintéressés et ont d'ailleurs été condamnés à remettre en état des locaux qui n'étaient plus entretenus. Alors même qu'ils en retiraient un loyer indexé au chiffre d'affaire et qu'ils participaient donc indirectement au succès de la présentation de films osés puis érotiques et enfin pornographiques sur leur écran, tout en profitant très certainement d'un confortable état locatif des deux immeubles de 7 étages érigés sur les parcelles concernées, les propriétaires ont donc failli à leurs obligations et contribué à l'abandon constaté des locaux.

A la suite de la reprise des sociétés immobilières par un nouveau promoteur immobilier, il lui a été proposé en différentes occasions de participer à un plan de réhabilitation du CINERAMA EMPIRE mais sans réaction de sa part ; il a fallu attendre le refus d'autoriser la transformation des locaux par le magistrat en charge des constructions de la Ville de Genève pour que finalement ses avocats indiquent formellement aux proposants que la société propriétaire souhaitait privilégier un autre projet, à savoir l'installation d'une salle de fitness à l'issue de travaux pharaoniques et surtout irréversibles.

Au vu de ce qui précède, il semble établi que le propriétaire ne participera donc pas au projet de poursuite d'une exploitation cinématographique. Néanmoins, la loi en vigueur régissant l'utilisation des sols dans les secteurs protégés en Ville de Genève prévoyant la protection de certains type d'activités – notamment celle d'un cinéma – est applicable et doit permettre d'éviter la transformation des locaux laissés vacants pour un autre usage que leur dernière exploitation.
Des projets de remise en valeur du secteur quelque peu sinistré de la place des Augustins sont actuellement à l'étude et la réouverture du dernier cinéma du secteur de Plainpalais-Sud entre dans les objectifs des Autorités municipales alors que l'ouverture d'une énième salle de sport (le quartier en compte déjà plusieurs situées à quelques mètres les unes des autres) ne peut certainement pas être considérée comme une adjonction indispensable pour la vie des riverains.Par ailleurs, si un cinéma ne peut être installé que dans des locaux forcément dédiés à cette activité où la fonction dicte la forme, ce n'est certainement pas le cas d'un gymnase qui peut être aménagé dans n'importe quel espace.
Récemment, les représentants du propriétaire ont signifié aux proposants qu'il étaient désormais disposés à conclure un nouveau bail à loyer et à long terme pour la reprise du cinéma.


Photographie Serge Macia ©2015
Le cinéma sera ouvert 365 jours par an pour des projections en haute définition de films de qualité en version originale chaque soir (2 séances journalières, la première en début de soirée à la fermeture des commerces puis la seconde aux alentours de 21h). Des séances nocturnes dévolues à des films de genre ou plus pointus seront organisées chaque vendredi et samedi. Trois séances l'après-midi seront également proposées chaque samedi et dimanche.

Sources publiées

Catherine Courtiau,
« La chute de l'EMPIRE, vive le CINE STAR »
in Alerte n° 60, septembre 1996, pp. 2-3, Genève, Société d'Art Public

Catherine Courtiau & Didier Zuchuat,
« L'envolée stellaire et galactique de l'oiseau-mouche » in Revue du Vieux Genève, 1996-1998, pp.100-109, Genève, Image & Communication Suzanne Hurter SA

République et Canton de Genève, Direction du patrimoine et des sites DAEL,
(Isabelle Charolais, Jean-Marc Lamunière et Michel Nemec),
« L'architecture à Genève 1919-1975 », Lausanne, 1999 (réédition 2005), Payot

Consuelo Frauenfelder,
« Le temps du mouvement : Le cinéma des attractions à Genève (1896-1917) », Genève, 2005, Presses d'Histoire Suisse

Patrimoine suisse Genèv
e (sous la direction de Catherine Courtiau),
« XXe Un siècle d'architectures à Genève, Promenades », Genève, 2009, Infolio

Simon Edelstein, Lucie Rihs et Didier Zuchuat,
« LUX, REX & CORSO : Les salles de cinéma en Suisse »
, Genève, 2011, éditions d'Autre part



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